Gazeto en Esperanto kaj en la franca de la virtuala mikronacio Toŭtobrogujo (inspirita i.a. el la keltoj kaj gaŭloj). — Journal en français et en espéranto de la micronation virtuelle du Towtobroghi (inspirée entre autres des Celtes et Gaulois). — Микронация Эсперанто
jeudi 21 juillet 2011
Incertitudes diplomatiques
- Plusieurs micronations anciennes et peuplées se sont retirées des institutions de l'Archipel.
- Un débat public s'est ouvert à Kovo par rapport à la présence de l'Umujo à ces intitutions. En conséquence, c'est toute la diplomatie oumouyenne et l'avenir de la Fédération qui se trouvent plongées dans l'incertitude.
- Les pourparlers d'échange, de commerce et autres se poursuivent avec le Verlor.
- Le roi des Toutobroges et secrétaire général d'Umujo est arrivé dans l'île de Madha et s'entretient avec l'Emir Mustapha II Benyaya dans le palais de celui-ci.
- Kochchisamo est en Prya où M. K. Denfell a bien voulu le recevoir malgré plusieurs contretemps.
- Des miséreux tentent de traverser les "terres grises" pour mendier aux abords du Prya et de l'Aldarnor.
- Notre ambassade en Aldarnor n'a apporté aucun accord à ce jour.
lundi 11 juillet 2011
La rédaction du livre sacré des Ouidomaroï est en cours
- Compagnon barde secrétaire, peux-tu nous parler de ce très vaste chantier qui consiste à mettre par écrit l'ensemble de nos rituels, prières et poèmes cosmologiques, par Ommi?
- Par Tooutaché, ce n'est pas difficile. Je le puis.
- Mais encore?
- Les druides astronomiques ont prédi l'apocalypse le mois dernier, donc, ils veulent que notre civilisation si évoluée résiste aux âges barbares et sombres qui menacent notre avenir. Voilà qui justifie que l'on use de grands moyens pour parvenir à mener à bien cette compilation.
- Et de quels moyens disposez-vous, compagnon secrétaire?
- Secrétaire compagnon, je vais te répondre. Nous prenons les emballages des paquets verlorins et nous les utilisons comme papiers, de même que les boîtes de médicaments. Nous nous servons même des notices, de tout le papier disponible. Enfin non, nous laissons les pages blanches des livres aux élèves pourqu'ils s'exercent à l'écriture car il est capital qu'ils apprennent à tracer des caractères sur le papier après s'être exercés durant deux ans sur le sable. Toutes les nuits, nous dictons le résultat des travaux du jour à un Etranger parlant bien le tooutaïéchi et sachant bien écrire.
- Où en êtes-vous de votre travail?
- Nous venons de finir les deux premiers chants ayant trait aux consécrations druidiques.
- Et comment compilez-vous une version moyenne à partir des versions des différents lieux du Tooutobrodji?
- Chaque lieu peut envoyer un ou plusieurs bardes. Il y a un bâton de parole que chacun d'entre nous tient à tour de rôle pour exposer sa façon de voir les choses. Nous ne prenons aucune décision hâtive. Le but n'est pas de créer une version médiane, mais la version la plus émouvante, celle qui nous fait Voir le Monde Invisible, par Lougos! Il faut que cela soit beau, émouvant, alors nous nous sentons redevenus jeunes, et en même temps nous n'avons plus peur d'être des vieillards, nous pouvons mourir heureux après cela.
- Vous n'avez pas privilégié le côté idéologique?
- Pas du tout! D'abord, nous parlons de ce problème avec les nouveaux bardes qui arrivent pour nous aider. Ce n'est pas parce qu'on a beaucoup de culture que l'on comprend les choses profondément comme Maponos le souhaite. Ce n'est pas la connaissance que ce dieu inspire, c'est la compassion universelle, la coexistence avec tout ce qui est.
- Mais combien de temps va prendre ce travail de rédaction?
- Environ 72 semaines rien que pour les Ouidomaroï. Mais nous ne comptons pas nous arrêter là.
- Vraiment?
- Il y a toute la mythologie, l'épopée, les sagas.
- Par Tooutaché! Mais c'est un travail de démon!
- Oui. Je n'en verrai pas la fin avant que je sois mort depuis des lustres. Avec de la chance, nous terminerons avant la fin des temps.
Rédaction des Ouidomaroï
Le chantier grand-régional a défini comme priorité l'enregistrement du patrimoine oral du Tooutobrodji. Dans ce cadre, ce sont les prières sacrées qui font les premières l'objet de cet effort collectif de mise à l'écrit. Les différentes versions sont compilées de façon à obtenir le texte le plus fidèle et le plus éclairé relativement à l'esprit de nos traditions.
(Une semaine est nécessaire pour consigner chaque ligne marquée d'un tiret.)
Ces rituels sont regroupés sous l'appellation de Ouidomaroï, "grandes choses vues".
Ils comprennent (dans notre liste actuelle):
I Baptème, initiations, consécrations
- Consécration druidique diurne
- Consécration druidique nocturne
- Intrônisation royale
- Initiation guerrière
- Serment de général
- Vocation du chasseur
- Vocation du pâtre
- Vocation du cultivateur
- Vocation du pêcheur
- Vocation du cueilleur
II Les prières aus dieux
- à Lougos
- à Léros
- à Bélésama
- au Seigneur Sanglier
- à Maponos
- à Enni
- à Ommi
- à Ïéïchi
- aux Matrones
- aux démons anguipèdes
- à Tooutaché
- à Brénos
- à Tarané
- à Digahli
- à Payyokaminos
- à Chinéblos
- à Mantchipa
- aux Druides Divins
III Les navigations
- La navigation mystique
- La navigation épique
- La prière du voyageur
- La prière du barde
- La prière du devin
- La prière du héraut
- L'amour et la sexualité [sorte de discipline tantrique]
IV Les naissances et les morts
- Le baptème
- Initiation du Toutobroge
- Rituel au lépreux
- La prière pour le défunt
- La prière pour celui qui est en grand danger
- Rituel de guérison
- Rituel d'adoption
V Les significations
- La cosmologie
- Le mysticisme
- L'herméneutique
- La zoolâtrie
- L'astronomie
- Le soin de la nature
- La médecine
- Les éléments animiques et physiques composant l'être humain
- Le macrocosme et le microcosme
- La poésie
- Les symboles graphiques
- Les augures et les auspices
- Les oracles
- Les ordalies
VI Les aphorismes
- des éléments
- de la terre
- des cieux
- des plantes
- des pierres
- des cavernes
- des eaux
- de la lumière et de la nuit
- de la végétation
- du feu
- du soleil
- de la lune
- des trésors
- de l'origine
- de la fin des temps
- des métamorphoses
- du cycle des saisons et du calendrier
samedi 9 juillet 2011
Chant Des Cimes, un chanteur et joueur de lyre toutobroge mystique
Interview de l’artiste à propos de son second chant de louange élémentale "Les glaciers nous regardent" et du fatalisme et de l'inertie qui caractériesent le haut pays de Chinéblos.
Un mystique contemplatif. Tooutéoualakosakros, de son nom de gloire Chant Des Cimes, vient de composer son second chant d'une ode à Lougos-Fils-Du-Glacier. La nouvelle voix des druides nocturnes livre également, dans cette interview accordée au Journal d'Umujo, ses impressions sur le contemplationnisme et le fatalisme qui caractérisent le Chinéblos.
C'est dans l'isolement de la toundra subalpine que l'artiste puise son inspiration. Il contemple longuement les nuées changeantes et ardentes dans la lumière reflétée du ciel sur les parois abruptes des glaces. Il "écoute", par Ommi, à travers la vastité sacrée du monde visible, le monde intermédiaire qui mène à l'Au-delà. L'ode qui résulte de cet érémitisme mélange l'expression de la misère de la condition humaine et de son dépassement dans la stasis, l'extinction des douleurs, la non-dualité atteinte par le très-voyant ivre de la vision sacrée de la toute puissance de toutes les formes de vie, par Bélésama Epona! Il s'en dégage un très grand degré de dépassement, où seules cinq notes suffisent à mener à l'Union parfaite avec Maponos. Chant Des Cimes, âgé d'environ trente hivers, nous parle un peu de sa musique et beaucoup des êtres vivants de notre pays demeuré inchangé depuis ses origines.
Journal d'Umujo : Quelle est l’origine de ton nom de gloire, Chant Des Cimes ?
Chant Des Cimes : Chant Des Cimes est le nom de ce que j'ai Vu. Cette vision puissante me guide. Quand je joue de la lyre et que je chante, tel je suis.
J.d'U. : Ta musique ressemble beaucoup au classique druidique diurne...
C.D.C. : Mon côté nocturne est diurne également, car chaque chose est duelle et c'est dans l'Union parfaite qu'elle se dimensionne dans l'extinction des douleurs.
J.d'U. : Pourquoi avoir créé une ode à Lougos Fils du Glacier?
C.D.C. : Le dieu du reflet reflète la vérité. Je parle de la vérité de notre condition de mortels, ô journaliste. Il y a tant de misère dans le monde visible, tant de douleurs, tant de lumière aussi.
J.d'U. : Quelles sont les prémonitions qui t'ont mis sur la voie métaphysique ?
C.D.C. : Le caractère inhumain et majestueux des cimes, en même temps que la douleur; ces deux choses se mêlent dans ma propre expérience. L’on dit que le Tooutobrodji se développera un jour, mais nous ne le verrons probablement jamais de notre vivant. Ni sans doute les enfants d'actuellement. Cela viendra peut-être après eux. Il ne sert de rien d'espérer quelque chose de l'économie, car l'espoir nous rattache à notre dimension de mortel, alors que c'est dans le détachement que l'on goûte une joie inépuisable.
J.d'U. : Mais que penses-tu du combat que mènent les pauvres contre la mort, contre la fatalité? Ne peut-on se révolter contre celle-ci?
C.D.C. : Certes, il est juste de se battre avec l' aïos, l'énergie de jeunesse. Mais que l'on ne s'y trompe pas, il n'y a pas tant d'espoir que cela dans le Tooutobrodji, car les hivers tuent énormémént, des villages entiers meurent souvent de faim, et l'on sait tous que des régions entières sont même dépeublées, et seulement lentement repeuplées ensuite. Avoir des enfants, c'est risquer de les voir mourir de faim. D'où le contrôle des naissances qui est strict dans notre culture traditionnelle. Toi et moi sommes le fruit d'une procréation raisonnée, qui intervient en son heure, selon la décision de tout le village. Quant à ceux qui croient au changement, ils oublient la notion d'équilibre. Nous vivons en équilibre avec le microcosmos. Selon notre manière d'être de toujours. Etre Toutobroge, c'est cela. Mais on parle beaucoup, on fait beaucoup de bruit aujourd'hui avec bien peu de vérité. La manière de vivre des Etrangers, nous pouvons certes l'adopter, mais après? Cela signifie-t-il de détruire peu à peu la Nature comme dans les micronations étrangères?
J.d'U. : Quel est l’état d’esprit des Toutobroges face à ces changements ?
Art Melody : Les Toutobroges sont excités par ces bruits, leur coeur se met à désirer des choses vaines, comme des objets technologiques dont ils ont seulement ouï parler. Cess biens créent des disputes, changent notre façon de voir. Seule une petite partie des gens, dont moi-même, nous doutons que cela n'est pas aussi simple, et que l'on paye d'une façon ou d'une autre ce que l'on prend à Bélésama ou à Ommi. Regardez... les Etrangers sont tous dominés par leurs semblables. Ils vont dans des écoles où ils sont obligés d'être tout le temps assis et d'écouter passivement... Ils ne sont pas aussi vaillants que les Toutobroges qui passent leur vie à aller d'eux-même de l'avant, à chercher des solutions tous ensemble. Certes, je crois que de grands changements vont venir. Mais que la misère demeurera. Une misère pire encore que celle qui se voit et se ressent: une misère qui change notre âme, qui nous isole et qu'on ne peut pas comprendre.
jeudi 7 juillet 2011
Quelques nouvelles du Tooutobrodji
Les premiers livres de classe sont arrivés du Verlor à Kovo en dirigeable. La Fédération punit de précipitation du haut de la falaise quiconque endommagera ces instruments du savoir, ces marchepieds de l’avenir. Vous êtes gracieusement convié à la prochaine mise à mort qui se déroulera samedi du haut de la Falaise Aux Trois Ancêtres, nous espérons que les cris du précipité se feront entendre dans toute la gorge du Mantiapa, ainsi qu’il sied à ce genre d’événement. L’arrivée de ces engins du ciel à Kovo a fait grand bruit, et les habitants ont à cette occasion donné de belles fêtes où toute la gent toutobroge s'illustrait par ses atours, qui les cheveux teints de toutes sortes de couleurs, qui un anneau d'or au nez, qui ces complexes et voyantes étoffes à carreau, qui de longues scarifications et qui encore ce curieux costume de feuilles que l'on arbore fièrement dans les mystérieux confins de l'orient oumouyen. Des grains sont arrivés par le même transport du Méniro et seront stockés dans une caverne sure. Ce stock permettra de nourrir les élèves cet hiver et d’empêcher qu’une partie ne meure de faim.
Quelques nouvelles de l’Archipel
Prya se retire des institutions de l’Archipel, jugeant ces assemblées trop adonnées aux querelles et aux invectives. Une bande d’affamés toutobroges a décidé d’aller en Prya pour fouiller les poubelles de la florissante écodémocratie et glaner quelques un de des étranges et malodorant mais nourrissant déchets de cette civilisation barbare. Kochchisamo, qui s’est rendu en Prya pour y ouvrir une ambassade et qui n’a pas su comment s’y prendre (dans un pays n’ayant créé aucun service d’ambassade), se retrouve à faire du stop sur des routes secondaires pour rentrer en Umujo, mais les Pryans ne semblent pas vouloir le prendre en voiture, car ils n’apprécient pas trop en ce moment les Etrangers.
Des boat people ont fui un génocide pour se retrouver sur une île yssoise abandonnée et même plutôt déserte qu’ils ont baptisée Sant Eustaquy. Ils ont demandé l’aide intermicronationale. L’Umujo est bien incapable de répondre à cette demande. Et il ne vote pas encore concernant les nouvelles adhésions. Mais Mémenglaros a saisi le bon moment pour glisser sa petite phrase de bienvenue.
Le roi des Toutobroges et secrétaire général d’Umujo est arrivé sur l’île de Madha pour répondre à l’invitation de l’émir de venir le rencontrer en son palais. L’île de Madha est sans doute la plus riche parcelle de tout l’Archipel, mais des mauvaises langues nous ont dit, à tort nous l’espérons, qu’au niveau intermicronational elle s’endormait un peu dans un luxe démesuré.
mardi 5 juillet 2011
Scandale: le gouvernement Denfell du Prya propose à Aldarnor de "cooloniser" la Cismorvanie
Amassés autour de l'unique ordinateur portable de Kovo, les Toutobroges ont été littéralement scandalisés d'entendre la traduction de la dernière proposition de M. Kurt Denfell. En effet, le Prya, au nom de l'intégrité de son territoire, veut récupérer les îles Achiouaraï (à vos souhaits... Atiara et compagnie) en faisant attribuer au Moououendo (Aldarnor) le territoire de l'Onkomoouendos (Cismorvanie) compris entre ce dernier et l'Oouaréko (l'Avaricum). En somme, le Prya est prêt à n'importe quelle solution pour préserver son intégrité, même si cela passe par le colonialisme, l'esclavage, la déportation et autres joyeusetés. C'est que pour les Pryans, la "coolitude" de leur brillante civilisation s'arrête à leurs frontières. Voilà qui déconsidère définitivement le gouvernement Denfell aux yeux des Toutobroges. D'ailleurs, la diplomatie pryane n'a pas été capable de répondre aux attentes de l'Aldarnor qui souhaitait que le Prya argumentât et fournît des informations étayées pour justifier cette révision des frontières (dans une région où certes les informations manquent).
Par suite, les aventuriers toutobroges qui projetaient de joindre et d'encourager les insulaires pryans en leur offrant un fétiche de grand prix (la tête du regretté Ouabrari) sont revenus aussitôt dans le giron de la Fédération. Imbétomater a reconnu avoir assassiné le suppléant du secrétaire aux relations internationales et négocie présentement avec la veuve et le karanto de celui-ci le prix de la réparation, qui sera sans doute très élevé. La tête d'Ouabrari a été déjà restituée à la Fédération. Katotchintonatos est le nouveau mandaté aux relations internationales... Souhaitons-lui d'avoir la tête sur les épaules!
L'Umujo ne devrait pas voter la demande pryane car le Moououendo la refuse. Si celui-ci avait accepté et que les deux pays devinssent d'accord, l'Umujo n'aurait voté pour que pour préserver la paix dans la région, car l'Umujo refuse par principe toute solution "cooloniale".
Désormais, la colère est grande ici contre tous ceux qui encouragent ou participent au "coolonialisme". Les Toutobroges seront toujours quant à eux du côté des populations martyrisées par les monstres froids étatiques.
La colère monte même contre les équipes chargées de nos affaires étrangères. Certes, l'Umujo crève de faim et d'obscurantisme à longueur d'année. Mais ni le Nord ni le Sud du Continent ne nous ont encore aidés. Au contraire, ce sont les lointaines micronations de Méniro et du Verlor (leur nom soit à tout jamais louangés!) qui nous sauvent de notre abominable ignorance et atroce misère. Ni le Prya ni l'Aldarnor ne traitent nos diplomatie au sérieux, préférant les renvoyer courtoisement à d'autres adresses et sur d'autres sujets. Pire: le Prya ne dispose d'aucun service d'ambassade. C'est le comble pour une micronation soi-disant développée. Cela signifie que le Prya est un état autarcique qui ne paraît dans les assemblées intermicronationales que pour ses seuls intérêts. Ô secrétaires-compagnons chargés des affaires étrangères, quand reverrez-vous votre politique à l'égard de ces micronations dont les mains n'ont aucune tache d'encre, seulement de sang? Encore que l'Aldarnor ait refusé l'aventure cismorvanienne jusqu'à présent.
La grève se poursuit à Kovo et le ton monte. Les manifestants du reste armés exhibent le ci-devant d'Ouabrari en criant: "Pain et fraternité! Razzias contre le Nord et le Sud!" Tel est le cri de la rue qui a faim et qui réclame compensation pour les dépenses engagées dans, et les sacrifices consentis pour le processus diplomatique.
Grève du journal
Nous retraçons ici les circonstances qui ont déclenché notre grève.
Un débat public a été ces derniers jours organisé à Kovo par la « Cellule de base de ceux qui s'intéressent aux affaires étrangères », le sujet en était: « Pour ou contre Prya ou Aldarnor? » (en effet, dans l'Archipel des Micronations, la résurrection de Prya menace l'intégrité territoriale d'Aldarnor anciennement Morvan (en tooutaïéchi, Aldarnor est appelé Moououindo). Le débat devait donc départager une micronation ancienne d'une micronation plus récente. Face au manque de locaux, le roi Sakrochélatos avait généreusement mais un peu imprudemment prêté sa caverne.
Le débat a été hélas débordé par des guerriers et des aventuriers peu scrupuleux du respect du bâton de parole. C'est alors que Ouabrari, celui-là même que nous recevions dans notre hutte il y a peu, prit la défense du Moououindo. Les débattants se sont séparés en deux groupes prêts à soulever leurs épées. Imbétomater, druidesse mandatée comme secrétaire aux relations intérieures et par ailleurs force de la nature, a défié les partisants du Moououindo au nom de Prya. Ouabrari, le suppléant de Kochchissamo, secrétaire aux relations internationales, a relevé le défi et a été tué.
Imbétomater a fait pression sur les témoins, ceci est avéré par les cadavres de corbeaux que nous avons vu cloués sur les portes de la maison de trois témoins ouabraristes. Selon l'un de ces témoins menacés, qui a préféré fuir Kovo avec sa famille élargie, Ouabrari a été aveuglé par un miroir de métal tenu par la soeur de la druidesse.
Imbétomater a ensuite décapité Ouabrari et les débattants demeurés sur place on décidé de monter une expédition pour porter cette tête aux séparatistes pryans « occupés » par Aldarnor.
Tout ceci semble un coup monté pour se procurer une « âme de tête » afin de chercher une occasion d'aventure et de combat. Or, c'est la sécurité d'Umujo qui dépend de telles manoeuvres. En effet, la Fédération a désapprouvé au Congrès le recours à l'aventure en dehors de nos frontières nationales.
Le journal a tenté de faire la lumière sur cette affaire. Mais les partisans d'Imbétomater et de Prya menacent à présent le Journal. Et Kochchissamo réapparaît, nous dit-on, mystérieusement, pour valider certaines décisions favorables à Prya et hostiles à Aldarnor. Mais il n'a pas pu revenir de Polis, car il n'est arrivé ni sur le Mantiapa ni en dirigeable de Verlor. Comment se fait-il qu'il réapparaisse officiellement comme secrétaire aux relations internationales, et ce, au moment même où Ouabrari, son suppléant, est tué? Ce ne peut être que parce que quelqu'un se fait passer pour lui!
Par nos ancêtres et par les flammes, qu'est-ce que cette « danse boueuse »? Nous ne nous laisserons pas pister, hein?!
Nous, membres du Journal d'Umujo, avons décidé à l'unanimité moins trois abstentions amicales et la fuite d'un pleutre (anciennement journaliste dominical) de faire grève illimitée pour le triomphe de nos justes revendications. Alors que notre démocratie directe est bafouée et violée par les imbétomatéristes, nous exigeons sans délai:
1/ La vérité sur la mort de Ouabrari: qu'on laisse un de nos vates interroger l'ours qui était présent au moment du combat singulier entre la druidesse Imbétomater et Ouabrari.
2/ La restitution de la tête de Ouabrari à la Fédération d'Umujo
3/ La démission d'Imétomater du poste de secrétaire aux relations intérieures
4/ La vérité quant à Kochchissamo: il n'a pas pu revenir de Polis, car il n'est venu ni sur le Mantiapa ni en dirigeable de Verlor. Comment se fait-il qu'il réapparaisse officiellement comme secrétaire aux relations internationales, et ce, au moment même où Ouabrari, son suppléant, est tué? Ce ne peut être que parce que quelqu'un se fait passer pour lui. Nous exigeons de savoir qui.
5/ Qu'une oukka (vendetta ritualisée) soit ouverte contre Imbétomater pour le meurtre de Ouabrari, comme le réclament sa veuve et son karanto
6/ Que la caverne du roi Sakrochélatos ne serve plus de lieu de réunion aux partisans de Prya. Ce roi et cette caverne relèvent de la Fédération et non d'un groupe d'aventuriers.
Ouabrari était âgé d'environ 40 hivers. Il était né d'un père également druide, et plus précisément conducteur de procès, et d'une mère sorcière. Il avait grandi en pagerie chez Atettoteta à Ekelirejo. Plus tard, après s'être remis de la fièvre chaude, curieux qu'il était des Etrangers venus par le col de Kambomachi, il avait appris le français et l'espéranto auprès d'Eddy Chavurant et avait connu Pascal Le Vindémiour et Jacqueline Horciboix. Malgré ses abcès buccaux et son haleine défraîchie, il parlait remarquablement aussi bien l'une que l'autre langue ainsi que le nochchiïéchi en dialecte ékéliréïen (car c'était un druide nocturne). Il laisse une veuve, un karanto et cinq orphelins dont deux jumelles nées coiffées. On appréciait beaucoup au journal sa parfaite connaissance épique, son jeu de lyre, son érudition, son style clair mais léger, son humour un peu primesautier. Un grand bonhomme dont la conduite superbe fera que sa mémoire survivra et sera gardée en chant par ses nombreux amis, à commencer par notre Journal, et tel est notre serment de mémoire par la Lune et le Soleil!