jeudi 16 juin 2011

Qui se soucie en Umujo de l'avenir du pays?

Notre article du précédent numéro avait tenté de résumer les orientations de la future politique extérieure d'Umujo... mais il en avait oublié une: le pays est-il petit? Ne le dites surtout pas, au vu de ce qui s'est passé ce matin!

On a vu débouler au journal une bande de guerriers des plus celtoïques, exigeant qu'on leur présente sur-le-champ, pour les occire sans doute, les "faux druides" qui ont prétendu qu'Umujo était "un état nain". Lesdits guerriers ignoraient que la discussion dont ils déformaient le propos avait eu lieu à La Porte.

Nous avons eu quelques difficultés à les calmer, et avons donc juré solennellement de transmettre sur-le-champ leur droit de réponse et leur motion à la "Cellule de base de ceux qui s'intéressent aux affaires étrangères" qui en prendra certainement acte, du moins nous l'espérons ! Qu’on se le dise, « Umujo est un grand pays » !

Il semble que bien peu de monde, dans Umujo s'intéresse autrement au devenir qui se joue dans l'île à propos de notre territoire.

Kovo avait pourtant travaillé d'arrache-pied, dans des conditions vraiment précaires techniquement, à l'élaboration d'une carte oumouyenne et d'une demande de reconnaissance qui ne sonnât point trop ruralement à l’oreille. Et, dans cette effervescence, de modeste hameau, il s'était soudain changé en un gigantesque et véritale Woodstock intertribal, signe de temps nouveaux.

Puis, Mémenglaros a présenté hier le territoire d'Umujo à l'Institut Géographique Micromondial (cf l'article cité), et ce nouveau Kovo, où semblaient avoir convergé toutes les tribus toutobroges, a suivi l'événement sur l'écran d'un unique ordinateur portable dont la connexion a été au final assez heureusement improvisée, grâce au dieu Ommi.

Chaque nouveau message apparaissant sur le site de l'Archipel donnait aussitôt lieu à une traduction en notre beau tooutoïéchi et, de la part de l'assistance, à une réjouissance des plus démonstratives.

Il ne s'agissait pourtant que d'une présentation territoriale, et non du vote définitif qui a lieu aujourd'hui !

La vie quotidienne a repris ses droits ce matin. Chacun vaque à ses occupations, et voici, en à peine quelques heures, Kovo entièrement déserté. Et les nombreux abris qui avaient su conquérir en une seule nuit des hectares de nature, témoignent muets, solitaires, abandonnés, de l'événement.

La semaine est pourtant décisive pour l'avenir du pays: fera-t-il ou non partie de l'Archipel? Sera-t-il autorisé à s'inscrire dans certains clubs qui composent le prestigieux Micromonde? Beaucoup en doutent ici, mais nous voulons croire que justement le miracle ait lieu et qu’il vienne d’au-delà de ces monts qui nous bloquèrent tout passage 2000 ans et plus !

Or, l'île débattait déjà de bien d'autres affaires avant la nôtre, comme celles de Garonne ou de la Laurasie, et il n'est pas sûr que le sort d'un nouveau territoire plutôt à part suscite l'intérêt. D'autant que les populations oumouyennes sont notoirement illettrées et continuent de vivre dans un cadre antique, en absence de tout système moderne de soin, d'éducation, de santé, de communications, de transports, d'assainissement, etc.

Et enfin, que se passe-t-il dans l'Archipel? Nul ici ne le sait. Aucune nouvelle de Mémenglaros, dont l'abonnement de téléphonie mobile, suprême coup du sort ! vient d'être définitivement radié par l'opérateur.

samedi 11 juin 2011

Mémenglaros est arrivé à La Porte


Après un long voyage de plus de cent vingt nuits par terre et sur mer, le secrétaire porte-parole d'Umujo Elisée alias Mémenglaros est enfin arrivé à La Porte sain et sauf. Les SMS qu'il nous a envoyés, malgré quelques petits contretemps, rendent compte d'une première prise de contact entre lui et d'éminents représentants des pays extérieurs.

"slt bien arr st & sauf apr mer pirates schrubz envoyer mandat perdu lunettes dors ds grenier auberge 1er renc inf amb la prte ok pr dde ptit terr uniqmt + de batri"

La Porte est une île où siège l'Organisation du Micromonde Francophone (OMF). Cette organisation intermicronationale octroie et garantit la reconnaissance officielle du territoire de différentes micronations sur l'Archipel du Micromonde. L'Archipel lui-même fonde son droit sur le principe d'une carte, ce qui fait du territoire un enjeu fondamental dans cet univers diplomatique. Certaines micronations peuvent également demander, si elles le souhaitent, à adhérer à l'OMF, mais la chose est plus difficile: elles ne sont normalement acceptées qu'en fonction de leur longévité et de leur spécificité culturelle.

L'arrivée vendredi de Mémenglaros sur l'île lui a permis de rencontrer quelques éminents représentants de ces micronations adhérentes à l'Archipel. Notre secrétaire porte-parole n'avait un mandat que pour entamer une discussion préalable à une éventuelle demande de reconnaissance territoriale. Selon les dires de notre envoyé, cette rencontre informelle a permis d'éclaircir certains points. Entrevué par Romain alias Epochingos, le remplaçant du secrétaire aux Relations Extérieures Ouabrari a bien voulu préciser deux ou trois points à l'occasion de son compte-rendu du travail de la "Cellule de base de ceux qui s'intéressent à la politique extérieure."

R: Compagnon secrétaire, peux-tu dire à notre journal quelle est la différence entre l'Archipel et NationStates? Comptons-nous demeurer, nous, Oumouyens, adhérents à NationStates ou la quitter, et, si oui, pourquoi?

O: Secrétaire compagnon, merci de ta question; Umujo est né dans NationStates. Donc, comprenablement, le fait de s'en séparer ne signifie pas que nous en soyons mécontents, NationStates est une organisation énorme (elle regroupe des milliers de micronations), intéressante à un certain niveau je dirais euh "ludique" au sens diplomatique, mais anglophone. Ses discussions ont été insuffisamment comprises de nos deux porte-parole d'ailleurs très peu formés même au niveau de, hum! la culture élémentaire; la langue a ainsi constitué une entrave fondamentale. Mais aussi, dans cette organisation, les micronations sont représentées par des discours générées automatiquement, et cela donnait de notre Umujo hors norme une image déformée; rares sont du reste les micronations de NationStates à disposer d'un site Internet, gage d'une réelle indépendance à nos yeux.

La reconnaissance par NationStates est en outre automatique, et beaucoup de micronations ont l'air farfelu. Certes, pourquoi pas, si elles ont une quelconque réalité sur le terrain, indépendamment de leur importance? Mais c'est rarement le cas. Donc, tu comprends que, comprenablement, par rapport au choix de quitter NationStates, c'est une affaire d'affinité qui nous guide, et non un jugement de valeur. NationStates est intéressant, mais ne nous correspond plus exactement à ce jour.

Umujo a en tout cas tenté de développer des liens directs avec quelques micronations rassemblées au sein de cette organisation, car les assemblées de celle-ci nous semblaient trop grandes pour communiquer efficacement. Ce sont des assemblées vraiment très nombreuses et très grandes! Mais les représentants des micronations habituées à l'ambiance de ces si vastes parlements n'ont pas forcément envie de les quitter pour rencontrer des ambassadeurs en plus petit comité, surtout si on parle un anglais approximatif.

D'un autre côté, NationStates est plaisant à nos propres géographes parce que ni la taille ni l'échelle des territoires n'a d'importance, et que, pour ces micronations, le monde est vaste à l'infini. C'est pourquoi elles n'ont même pas besoin de carte. C'est une toute autre philosophie.

R: Quelles sont présentement les perspectives d'Umujo dans l'Archipel?

O: On ignore si Umujo sera ou non reconnu! S'il l'est, il lui sera plus facile de nouer des relations diplomatiques, culturelles, économiques avec d'autres micronations francophones, eu égard au poids de l'Archipel pour la francophonie. En retour, Umujo devra dorénavant respecter certaines normes internationales et même des choses qui ne sont pas forcément écrites, comme je dirais la façon d'amicaliser les diplomates. Mémenglaros n'est pas... formé, aguerri à l'art diplomatique. Mais c'est un homme de culture. Il faut espérer qu'il s'en sorte, qu'il évite d'être par trop distrait, qu'il prenne les choses avec humour, qu'il soit un peu patient pour son salaire, qu'il se trouve un job pour arrondir ses fins de mois, etc.

A l'issue de nos longs débats oumouyens de géographie, après avoir réglé les querelles de calendrier lunaire et de jours épagomènes, la demande future d'Umujo, quand elle sera enfin prête, visera à la reconnaissance de son territoire, synonyme de reconnaissance d'Umujo de droit. Mais cette demande est entravée par notre propre lenteur à nous réunir, à palabrer, à consulter les augures et les auspices, à prendre des décisions. D'un côté, cela vaut mieux pour être tous d'accord. Pour le moment, les vates discutent de la date de la demande à l'OMF en fonction des présages; les bardes ne sont pas tous du même avis à propos de la façon de louanger la demande; les montreurs d'ours veulent être associés, tout comme les saute-ruisseau et les diseuses de bonne aventure, à l'élaboration de la lettre officielle. Ne parlons même pas des cartographes! Mais comme on dit en Tooutobrodji, "pour continuer de parler, il faut bien décider de temps en temps".

Si Umujo n'était pas reconnu par l'OMF, il faudrait revoir notre politique extérieure de façon fondamentale, comprenablement. Il faut aussi y penser. C'est donc l'avenir du pays qui va se jouer. Les problèmes oumouyens peuvent encore durer très longtemps. Le spectre de la famine n'a pas regagné le souterrain. Umujo pourrait même, ce que je ne souhaite pas, retomber dans la préhistoire si les tribus ne voyaient plus l'utilité de soutenir le coûteux programme de développement de l'écriture, du français et de l'espéranto. Certes, les oumouyens ont le droit d'être fatalistes après tout. Mais j'espère que nous apprivoiserons le temps.

Ce n'est qu'après avoir résolu ces problèmes fondamentaux que notre pays pourra acquérir une quelconque politique extérieure en rapport avec ses propres choix internes. Pour l'instant, la préoccupation est surtout le sous-développement.

R: Vraiment? Cela signifie-t-il que nous n'aurons pas de politique extérieure digne d'une nation indépendante?

O: Si!... Qu'est-ce qui peut motiver un pays où les tribus sont autonomes? Qui a gardé ses traditions ancestrales? Qui n'a point déchu de son alliance sacrée avec Dame Nature? Qui a préservé sa diversité culturelle? Sa "barbarie" naturelle en prise avec l'environnement sauvage? Son amour indiscipliné et romantique des bois, des razzias, de l'honneur, du cheval et du pillage?

Je vous cite à ce propos le début de la motion des druides pour le Chantier National, motion qui contient en germe notre future politique extérieure si elle a lieu d'être un jour:

"Nous, druides adhérents à la Fédération des druides du "monde des tribus" Tooutodouno/Umujo, réunis dans le Congrès annuel des druides du "monde des tribus", conscients que l'instabilité dans laquelle est entré le Cosmos, dont la découverte par des Etrangers venus du delà des montagnes est le signe, présage à plus ou moins long terme l'affaiblissement de la manière sacrée et équilibrée d'être des populations autochtones, conscients que l'héritage traditionnel des cultures indigènes est le fondement de notre richesse animique, matérielle et guerrière, [...]"

Les pays extérieurs ont beau être extrêmement riches comparés à nous, ils sont souvent aux antipodes de cette façon de vivre, et ce sont des gens, des tribus et même la Nature entière qui en souffrent parfois. Voilà une chose révoltante, secrétaire compagnon! Sans compter que nos guerriers rêvent présentement de commettre on se sait quelles expéditions aventureuses au-delà des monts uniquement pour la gloire. Tels sont les différents points qu'on a réussis, au Collectif, à mettre sur notre papier pour le moment.

R: Compagnon secrétaire, je te remercie! Puissent le dieu Brénos calmer l'ardeur de nos guerriers barbares et le dieu Ommis modérer les propos de nos druides pour le salut d'Umujo!

O: Jes, kompreneble! Kaj vivu Umujo, vivu la estonteco de nia eta lando!


Les bardes pour la paix

Maîtres dans l'art du chant, dépositaires des épopées, des généalogies et vecteurs, par excellence, de louanges de pacification au sein des populations, les bardes et bardesses du Tooutobrodji veulent être utiles au "Collectif d'étude et de travail pour la constitution umujenne et la paix" créé à l'initiative du guérisseur Marédonos. Pour Ouindoléoua et Ouemmémèn, initiatrices du regroupement des bardes et bardesses, « Il faut la paix dans le Payyokamino pour qu'Umujo applique son programme de développement.»

jeudi 9 juin 2011

Instabilité dans le haut Payyokamino

-( Image: un habitant d'Ekélirejo ) -
Des Etrangers, depuis un an environ, sèment parfois des troubles dans la région du haut Payyokamino près des passages vers les "pays extérieurs". Ils seraient des mercenaires ou des trafiquants ou encore des employés de multimicronationales cherchant à s'emparer des richesses d'Umujo.
Suite à quoi, une affaire de ukka (vendetta ritualisée) a commencé entre factions autochtones rivales, l'une rejetant tous les Etrangers, et l'autre voulant distinguer les bons des mauvais.
Kunvenega V., instruit de ces graves troubles qui menacent la sécurité et l'accès de cette zone stratégique pour le pays a encouragé, par la voix de Katoulabaro la secrétaire aux harangues des assemblées guerrières, ses plus valeureux guerriers à "partir à la gloire" sécuriser la région et couper des ennemis les plus éminentes têtes. D'autre part, les Katoukaouaroï ékéliréïens semblent avoir quant à eux acquis également quelques mitrailleuses dans le but de s'auto-défendre.
Le Congrès des Femmes exprime sa colère de voir à nouveau des sommes si importantes dilapidées pour le plaisir morbide des hommes, alors même que le meilleur élève de français de l'école de Kunvenega la Malalta décédait dans la nuit de fièvre chaude, résultat du manque d'antibiotiques et de compléments alimentaires en Umujo.
Une grande note d'optimisme cependant réside dans le fait que les nouvelles vont à présent si vite, grâce aux deux téléphones satellites dont dispose dorénavant le Tooutobrodji. Autrefois séparés par plusieurs mois de voyage, les deux villages de la grande région sont désormais assis dans la même hutte à se parler face à face. Grâce à cette voix divine volant de ciel en ciel, nous ne doutons pas d'avoir la faveur des dieux pour venir un jour à bout de toutes nos difficultés.

mercredi 8 juin 2011

La quinzième ukka depuis le début de l'année

Proclamation de la ukka pour Attologa. La huitième nuit de la neuvième lune, des inconnus ont planté par trois fois leur épée dans le flanc de l'Etranger ami de la plèbe d'Ekelirejo Attologa [Bertrand Offplulk] qui vivait dans le village [d'Ekelirejo]. Cet Etranger était l'ami des Toutobroges en ce sens qu'il les prévenait contre certains autres Etrangers voulant s'emparer du pays et de ses ressources tout en cachant leur dessein. Certes, les massacres encore récents perpétrés l'an dernier par une poignée de mercenaires désireux de conquérir Umujo sont encore dans les mémoires, et le grand druide Atettoteta qui y avait perdu sa femme et son karanto avait sans cesse attisé chez les guerriers-sans-visage la haine contre tous les Etrangers sans distinction par des blâmes chantés. Les Ekéliréïens qui aimaient Attologa comme leur propre torque ont décidé à l'unanimité de monter une opération de ukka dans les Hauts contre Atettoteta. Faute de trouver un devin, ils ont eux-même tiré les augures pour le mode d'opération, sa date et sa suite et sacrifié une chèvre à la déesse Digahli pour la propiciation de la vengeance. Ils ont chanté le chant d'Attologa dans la complète obscurité toutes les nuits avant la date faste.
Grâce à cela et à leur témérité maintenant légendaire de franchir les Hauts ennemis, ils ont capturé le grand druide sous les auspices de la déesse. La douzième nuit de la dixième lune, Atettoteta était précipité du haut de la falaise de Klapadu. Ses hurlements se sont fait entendre jusque 800 mètres plus bas, et les Ekéliréïens font connaître à tous que tel est le chant de la ukka pour leur renom et le renom des rares Etrangers amis des Toutobroges.

mardi 7 juin 2011

Nouveau drapeau d'Umujo

Création du Tooutobroji

Discours remarquable par Bagojimaro de demander au Congrès des tribus de créer la grande région du Tooutobroji en tant que différente de l'entité Umujo

"Ecoutez, par Tooutobroji Tooutaché, vous tous, ô druides, guerriers, bergers, chasseurs, pêcheurs, et vous tous, gens de notre fier peuple Toutobroge qui a su se montrer aimable aux espèces animales et végétales qui vivent et croissent pour nous dans nos vallées! Qui a su effrayer dans la gloire les guerriers des tribus hostiles, et qui a su conserver les formules sacrées dans la bouche de ses druides!

Quelle louange que la mienne? Ce n'est pas difficile. Je chante l'Entité que nous sommes et notre Ancêtre éponyme le dieu Tooutobroji, le Géant qui, pour sauver nos ancêtres du froid, nous a entouré de ses grands bras devenus les Druides Divins, ces montagnes aux grands manteaux blancs.

Or, vous savez qu'une de nos têtes coupées a annoncé par des mots ailés la venue des Etrangers. Et ils sont en effet entrés dans notre monde visible par le col de Kambomachi dans la plaine du Payyokamino.

Depuis, grâce à eux, nous avons appris certaines choses des Pays Extérieurs et fondé la nouvelle entité Umujo, ce qui veut dire dans la langue des Etrangers, le "Pays du machin". Et de cela je fais la louange, disant que c'est notre joie à tous, par Tooutaché!

Car cela nous permet d'envoyer des gens à l'extérieur de notre monde. Et avec quoi? Ce n'est pas difficile, portant à leur cou un torque d'or au nom d'Umujo, chose qui nous assure un grand capital de gloire!

Et cela nous assure aussi de pouvoir proclamer glorieusement la valeur et la vastité des territoires qui sont les nôtres depuis que le monde visible existe. Car grâce à cette nouvelle sifflée de montagne en montagne, des machines fixées à la voûte céleste ont regardé vers nous et gravé sur des écorces lisses le contour de nos Druides-Montagnes!

Mais je dis qu'entre ces Druides Divins, le territoire où semi-nomadisent les Toutobroges n'est qu'une petite partie de ce vaste pays. Je dis que les Toutobroges sont en réalité les seuls qui viennent sacrifier aux congrès pour le dieu Umujo, certes car seule notre tribu est membre du dieu, mais que cela ne doit pas nous contenter!

Je dis: ce n'est pas respecter notre propre loi de l'hospitalité que de prétendre être les seuls tribus de ce vaste pays divinement gravé depuis la voûte céleste, alors qu'il comporte en vérité bien d'autres tribus que la nôtre!

Ce n'est pas chanter notre gloire que de dire cela, à savoir que nous seuls sommes Umujo, alors que notre gloire ne s'étend en réalité qu'à deux vallées, et que notre gloire et notre droit qui sont dans nos épées mises en mouvement par le Seigneur Sanglier ne se sont jamais mesurés à un ennemi au-delà de nos régions natales de Payyokamino et de Kioneblo, et que notre gloire de guerriers ne s'est jamais tant que cela dénudée pour le combat des braves afin de voir noblement couler le sang remarquable du courage.

Or, point nous ne sommes des menteurs qui, le visage dissimulé, rient de leurs mensonges avant d'être couverts de nuit par les dieux en colère! Tant que nos Druides Divins nous regardent, leur parole est placée avant la nôtre, non pour dire que ce qui est dans le dessin céleste nous appartient, mais que ce dessin existe pour toute tribu en son sein. C'est que la gloire véritable appartient non pas à notre tribu mais aux dieux.

C'est pourquoi je demande que nous soyions unis en la personne et au nom du territoire Tooutobroji, notre Ancêtre véritable, et qu'en conséquence Umujo soit un dieu et un territoire pour toutes les tribus placés dans le sein des Druides Divins, et qu'Umujo ne soit plus prié comme pays des Toutobroges mais comme pays de tous les Umujens, même si nous ne les connaissons pas.

Ainsi, que la Dannachénta soit le drapeau du Tooutobroji et qu'Umujo ait un drapeau à lui qui regarde plus loin que la Dannachénta, bien plus loin que notre grande région!"

Après ce discours remarquable et moult autres prises de parole, le Congrès des Tribus d'Umujo a distingué deux entités:
1/ la Fédération républicaine des tribus nomades et sédentaires d'Umujo est rebaptisée de façon plus neutre la Fédération d'Umujo;
2/ la fédération des tribus nomades et sédentaires du Tooutobroji est créée, laquelle adhère à l'entité précédente.
Après un débat de deux nuits, la motion est adoptée à l'unanimité, et rendue applicable à la date déterminée par les auspices et les augures du Congrès.